Les cellules souches sont présentes dans presque tous les tissus de l’organisme, mais dans des quantités variables et avec des caractéristiques différentes. Dans le cadre d’applications thérapeutiques ou esthétiques, elles proviennent principalement de deux sources : le tissu adipeux ou la moelle osseuse.
Les cellules souches issues de ces deux sources font l’objet de nombreuses recherches en raison de leur fort potentiel régénératif. Toutefois, le mode de prélèvement, leur abondance dans les tissus ainsi que leurs indications médicales ou esthétiques, diffèrent selon leur origine.
Cet article propose de comparer les cellules souches issues du tissu adipeux et celles extraites de la moelle osseuse. Qu’est-ce qui différencie ces cellules ? Quels en sont les usages ? Comment se déroule le prélèvement ?
Les cellules souches mésenchymateuses (CSM) au cœur du système de réparation de l’organisme
Les cellules souches mésenchymateuses ou CSM sont présentes dans plusieurs tissus de l’organisme adulte, notamment la moelle osseuse et le tissu adipeux. Elles jouent un rôle important dans la régénération et la réparation des tissus.
Différenciation et communication intercellulaire
Deux propriétés distinguent les cellules souches mésenchymateuses.
D’une part, elles sont capables de se différencier en différents types de cellules. D’autre part, elles communiquent avec les cellules environnantes en libérant des signaux biologiques favorisant les processus de réparation.
Des cellules multipotentes capables de devenir de l’os, du cartilage, de la graisse
Les CSM sont multipotentes, ce qui signifie qu’elles peuvent se différencier en un nombre limité de cellules spécialisées.
Par exemple, elles peuvent ainsi donner naissance à des cellules osseuses, cartilagineuses, musculaires ou adipeuses. En contexte clinique, elles permettent de soutenir ou de remplacer des cellules vieillissantes, en s’adaptant aux besoins du tissu.
C’est notamment le cas en médecine esthétique régénérative où elles permettent le rajeunissement de la peau. En orthopédie, elles servent à traiter l’arthrose et les affections du cartilage.
L’effet paracrine : comment les CSM favorisent la réparation des tissus
L’effet paracrine constitue un autre mécanisme essentiel, par lequel les CSM influencent leur environnement via des signaux biologiques.
En effet, les cellules souches mésenchymateuses libèrent des facteurs de croissance, des cytokines et d’autres molécules de signalisation qui déclenchent des réponses dans les cellules voisines. Ces signaux peuvent réduire l’inflammation, favoriser la réparation des tissus, modifier la production de protéines, stimuler ou au contraire inhiber la division des cellules.
Dans le cadre des traitements de rajeunissement de la peau, les signaux émis par les CSM stimulent la production de collagène et d’élastine, ce qui contribue à améliorer la texture et l’élasticité de la peau.
Les deux principales sources de cellules souches mésenchymateuses : le tissu adipeux et la moelle osseuse
Pour un usage clinique, les CSM proviennent généralement soit du tissu adipeux, soit de la moelle osseuse. Le tissu adipeux est riche en cellules souches et est plus facilement accessible. Les cellules souches de moelle osseuse sont plutôt utilisées à des fins thérapeutiques. Le prélèvement de moelle nécessite en revanche une procédure plus invasive.
Les cellules souches ombilicales, rarement utilisées en médecine esthétique
Les cellules souches issues du cordon ombilical présentent un potentiel régénératif très élevé, mais elles sont principalement réservées à la recherche médicale et à certaines indications thérapeutiques précises. En raison de contraintes légales et de considérations éthiques, elles ne sont pas utilisées à des fins esthétiques dans les pays à réglementation stricte comme la Suisse.
Le prélèvement de tissu : liposuccion vs ponction de la moelle osseuse
Le tissu adipeux comme la moelle osseuse sont riches en cellules souches mésenchymateuses, mais les méthodes de prélèvement diffèrent fortement. Il s’effectue par liposuccion dans le premier cas, et par ponction dans le second.
La liposuccion, une intervention relativement peu invasive
Le tissu adipeux constitue une source particulièrement riche en cellules souches. Il permet d’obtenir un nombre important de cellules à partir d’un prélèvement de graisse simple et peu invasif. C’est pourquoi la médecine esthétique régénérative fait largement appel aux cellules souches adipeuses.
Une liposuccion légère sous anesthésie locale
Le prélèvement de graisse s’effectue par une liposuccion légère, peu invasive. Elle se déroule généralement sous anesthésie locale, parfois avec une légère sédation, et ne nécessite que quelques petites incisions. Pour la majorité des patients, l’intervention est bien tolérée, avec seulement parfois une sensibilité accrue au niveau de la zone de prélèvement.
Une approche “2 en 1” : affinement de la silhouette et prélèvement de cellules souches
Le tissu adipeux se prélève généralement au niveau de l’abdomen ou des cuisses. L’intervention permet alors aussi d’affiner la silhouette, apportant un bénéfice esthétique supplémentaire.
La ponction de moelle osseuse, une opération plus invasive et contraignante
La médecine utilise depuis longtemps les cellules souches de moelle osseuse, notamment en orthopédie et en hématologie. Mais le prélèvement de moelle osseuse n’en reste pas moins invasif, contraignant et parfois douloureux.
Une ponction de moelle osseuse au niveau de la crête iliaque
L’échantillon de moelle osseuse s’obtient par ponction, le plus souvent au niveau de la crête iliaque, la partie supérieure de l’os de la hanche. L’intervention consiste à insérer une aiguille de gros calibre directement dans l’os afin d’en aspirer la moelle. Elle se fait généralement sous anesthésie locale mais parfois sous anesthésie générale.
Un risque plus élevé de douleur, d’inconfort et d’infection
Comparée au prélèvement de tissu adipeux, la ponction de moelle osseuse est plus douloureuse et demande un temps de récupération plus long. Plus invasive, cette procédure présente également un risque plus élevé d’infection et de complications. Aussi, la ponction de moelle osseuse est peu utilisée en médecine esthétique, elle est généralement réservée à certains traitements médicaux spécifiques
Quantité et potentiel biologique des cellules souches
Les effets des traitements par cellules souches dépendent en grande partie du nombre de cellules viables injectées : plus ce nombre est important, plus les résultats sont efficaces et durables. De ce point de vue, le tissu adipeux présente un net avantage par rapport à la moelle osseuse, en raison de sa plus forte concentration en cellules souches.
Le tissu adipeux contient 500 à 2 500 fois plus de cellules souches que la moelle osseuse
Le tissu adipeux est l’une des sources les plus riches en cellules souches mésenchymateuses chez l’adulte. À masse égale, la graisse contient des centaines à des milliers de fois plus de cellules souches que la moelle osseuse, ce qui permet d’en extraire un grand nombre à partir d’un petit prélèvement de tissu.
Pourquoi la quantité de cellules est déterminante pour l’efficacité du traitement
Plus le nombre de cellules souches injectées est important, plus il est probable qu’un nombre suffisant de cellules survive pour contribuer efficacement à la régénération des tissus. Un plus grand nombre de cellules viables renforce les effets du traitement. À l’inverse, ils peuvent rester limités lorsque la quantité de cellules est faible.
L’abondance de cellules souches adipeuses rend inutile leur culture en laboratoire
Le tissu adipeux fournit naturellement une concentration en cellules souches suffisamment élevée pour les usages médicaux ou esthétiques envisagés. Aussi, il n’est pas nécessaire d’en augmenter le nombre par une culture en laboratoire, contrairement à d’autres sources cellulaires.
Éviter l’étape de mise en culture permet non seulement de réduire la durée globale du traitement mais aussi de respecter la réglementation encadrant l’usage des cellules souches. En effet, en Suisse, seules les cellules souches autologues, qui n’ont été ni modifiées substantiellement, ni cultivées en laboratoire, sont autorisées dans le cadre des traitements de médecine esthétique régénérative.
Les cellules souches adipeuses vieillissent moins vite
Un autre avantage des cellules souches adipeuses est qu’elles vieillissent généralement moins vite que les cellules souches de moelle osseuse. Ces dernières présentent en effet une sénescence plus marquée, avec une dégradation plus rapide de leurs fonctions biologiques.
Une meilleure préservation du matériel génétique
Des recherches scientifiques ont mis en évidence que les cellules souches adipeuses présentent une plus grande stabilité génétique et sont moins sensibles au stress cellulaire que les cellules souches de moelle osseuse. Elles subissent ainsi moins d’altérations au fil du temps et réagissent de manière plus prévisible après leur réinjection.
La conservation des cellules souches : privilégier les cellules adipeuses
La sénescence des cellules souches est un paramètre clé dans leur conservation à long terme en biobanque. Plus elle est tardive, mieux les cellules tolèrent les étapes de cryoconservation et de remise en température. Il est donc préférable de conserver les cellules souches adipeuses plutôt que des cellules de moelle osseuse, car elles sont plus susceptibles de rester viables et fonctionnelles après plusieurs années de stockage.
Quel type de cellules souches choisir selon le but recherché ?
La finalité esthétique ou thérapeutique du traitement est déterminante dans le choix du type de cellules souches.
Rajeunissement de la peau : recours aux cellules souches adipeuses
Facile à prélever et riche en cellules souches, le tissu adipeux est une ressource précieuse en médecine esthétique du visage.
Restauration des volumes du visage
Avec l’apparition des rides, la perte de volumes graisseux au niveau du visage est un des signes les plus marqués du vieillissement. Les cellules souches adipeuses sont particulièrement efficaces pour lisser rides et ridules mais aussi pour restaurer les volumes et les contours du visage.
Amélioration de la qualité de la peau
Les cellules souches adipeuses améliorent également de manière significative la qualité de la peau. Par leur action paracrine, elles stimulent la production de collagène et d’élastine, deux protéines essentielles à la fermeté et à l’élasticité du derme. Elles favorisent également la formation de nouveaux vaisseaux sanguins (ou angiogenèse), ce qui rend la peau plus lumineuse et plus résistante.
Régénération musculo-squelettique : recours aux cellules souches de la moelle osseuse
Les traitements orthopédiques visant notamment à réparer le cartilage et les articulations utilisent traditionnellement des cellules souches extraites de la moelle osseuse. Cependant, cette approche évolue car de nouvelles recherches mettent en évidence les bénéfices des cellules souches adipeuses dans ce cadre thérapeutique également.
Des cellules souches de moelle osseuse historiquement considérées comme plus adaptées à l’os et au cartilage
Les cellules souches de la moelle osseuse sont utilisées depuis longtemps en orthopédie. Elles ont longtemps été considérées comme plus adaptées, car, provenant de l’os, elles pourraient se différencier plus aisément en cellules osseuses (ostéoblastes) et en cellules cartilagineuses (chondrocytes). Cependant, des études récentes indiquent que les cellules souches adipeuses présentent elles aussi ces propriétés. Elles constitueraient même dans certains cas une alternative plus pertinente sur le plan médical.
Des cellules souches adipeuses contre l’arthrose du genou et de la hanche
Dans le traitement de l’arthrose du genou ou de la hanche, les cellules souches adipeuses seraient tout aussi indiquées, sinon plus, que celles provenant de la moelle osseuse. D’une part en raison de leur sénescence plus faible, qui s’accompagne d’un potentiel régénératif plus élevé. D’autre part grâce leur abondance dans le tissu adipeux. Elle permet d’éviter une ponction de moelle osseuse contraignante et invasive, parfois déconseillée pour les patients les plus fragiles ou âgés.
Conserver ses cellules souches pour une utilisation future
Les cellules souches du tissu adipeux comme celles de la moelle osseuse peuvent être conservées par cryogénisation. Mais en pratique, la cryoconservation à long terme concerne principalement les cellules souches adipeuses.
Pourquoi stocker les cellules souches adipeuses ?
Les cellules souches, qu’elles soient extraites du tissu adipeux ou de la moelle osseuse, peuvent être cryoconservées pendant plusieurs années. Mais le stockage des cellules souches adipeuses présente toutefois plusieurs avantages.
Stocker plusieurs lots de cellules « jeunes » à partir d’une seule liposuccion
La cryoconservation préserve l’âge biologique des cellules au moment du prélèvement. Elle permet ainsi d’utiliser ultérieurement des cellules souches biologiquement plus jeunes. De plus, une liposuccion légère peut fournir un nombre important de cellules souches mésenchymateuses. Il est ainsi possible, à partir d’un même prélèvement, de conserver plusieurs lots de cellules « jeunes » destinés à différents traitements.
Conserver ses cellules souches en vue de traitements futurs
Une fois cryogénisées, les cellules souches se conservent pendant des années, voire des décennies. À terme, elles serviront à des traitements de rajeunissement du visage ou peut-être même à des thérapies régénératives qui n’existent pas encore aujourd’hui.
Ainsi, la conservation des cellules souches adipeuses représente aussi un investissement dans sa santé à long terme. En effet, disposer de cellules biologiquement « jeunes » permettrait de recourir, plus tard, à un plus grand éventail de solutions thérapeutiques.
Les limites de la conservation des cellules souches de moelle osseuse
Les cellules souches de moelle osseuse présentent un intérêt médical indéniable, mais leur conservation pour un usage futur reste limitée.
Un rendement cellulaire plus faible
Le nombre de cellules souches extraites d’un prélèvement de moelle osseuse est nettement inférieur à celui issu du tissu adipeux. La ponction de moelle osseuse permet de recueillir moins de cellules viables. Aussi, pour obtenir une quantité suffisante de cellules permettant des traitements ultérieurs, il faut envisager soit plusieurs interventions de prélèvement, soit une culture des cellules en laboratoire.
Pour cette raison, le stockage de cellules souches de moelle osseuse reste peu fréquent. Les cellules souches conservées en biobanque sont le plus souvent d’origine adipeuse et réservées pour de futurs traitements de médecine esthétique régénérative.
Pourquoi nous privilégions les cellules souches adipeuses dans les traitements de rajeunissement du visage
À la Clinique Lemana, les cellules issues du tissu adipeux sont au cœur de nos traitements de rajeunissement du visage par cellules souches. En effet, elles présentent peu de risques, sont efficaces et faciles à conserver.
Le tissu adipeux permet d’obtenir un grand nombre de cellules souches à partir d’un seul prélèvement
Le tissu adipeux contient naturellement une forte concentration de cellules souches mésenchymateuses. Un seul prélèvement de graisse fournit de quoi réaliser plusieurs injections, immédiates ou ultérieures.
Sans modification substantielle ni mise en culture, conformément à la réglementation en vigueur
La réglementation suisse stipule que seules les cellules souches autologues, sans modification substantielle ni culture en laboratoire, peuvent être utilisées à des fins esthétiques. Or les cellules souches adipeuses n’ont besoin ni de l’une pour être efficaces, ni de la seconde pour être en nombre suffisant. En effet, leur forte concentration dans le tissu adipeux rend inutile toute phase de mise en culture. L’utilisation de cellules souches adipeuses permet ainsi de respecter le cadre légal suisse, conçu pour garantir la sécurité des patients.
Conserver ses cellules souches pendant plusieurs décennies
La Clinique Lemana propose également la conservation des cellules souches pour une durée pouvant aller jusqu’à 30 ans. Les cellules souches adipeuses se prêtent particulièrement bien à la cryoconservation à long terme. En effet, un seul prélèvement de graisse permet de constituer une réserve de cellules souches suffisante pour les traitements futurs, qu’ils soient à visée esthétique ou thérapeutique, réalisés au sein de la Clinique ou dans un autre établissement.
Questions fréquentes sur les différences entre cellules souches adipeuses et cellules souches de moelle osseuse
Les cellules souches adipeuses et celles de la moelle osseuse proviennent de sources différentes : les premières sont prélevées dans le tissu adipeux par liposuccion légère, tandis que les secondes sont issues de la moelle osseuse, prélevée par ponction au niveau de la hanche.
Elles présentent également des caractéristiques différentes. Le tissu adipeux contient un nombre de cellules bien plus élevé, qui de plus résistent mieux à la sénescence.
Les cellules souches adipeuses sont généralement considérées comme plus efficaces, car certaines études indiquent qu’elles vieillissent plus lentement que les cellules souches de la moelle osseuse. De plus, un seul prélèvement permet d’obtenir un nombre de cellules bien plus élevé.
La médecine esthétique privilégie les cellules souches adipeuses car le prélèvement de tissu est plus facile à réaliser et parce qu’elles présentent des propriétés régénératives intéressantes. Elles sont particulièrement adaptées au rajeunissement du visage. Elles améliorent la qualité de la peau et restaurent les volumes graisseux.
Oui. Les cellules souches adipeuses se prêtent particulièrement bien à une conservation à long terme en raison de leur nombre initial élevé et de leur stabilité. Elles peuvent être cryoconservées en toute sécurité pendant de nombreuses années, puis utilisées ultérieurement pour des traitements régénératifs esthétiques ou thérapeutiques.
Le prélèvement de tissu adipeux se fait par une liposuccion légère, qui ne cause que de légers hématomes et un inconfort minime chez la plupart des patients. La ponction de moelle osseuse quant à elle consiste à aspirer un échantillon de moelle directement dans l’os de la hanche. Les douleurs post opératoires sont généralement plus importantes.